Los Immigrantes

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This article was originally published only in French. No translation is available.

 

Par Marcel Blouin

Ô Canada.

ici c'est notre pays,

nuestro pais,

our country,

 

il paese nostro,

et quoi encore.

 

c'est difficile à imaginer,

mais le fusil qui fait

le cinéma des nordiques

est souvent la triste réalité

violente et quotidienne

de petites gens comme nous

qui doivent émigrer.

toc, toc, toc,

perdone me,

puedo entrar?

hay que no puedo vivir en mi pais.

 

 

© Marcel Blouin

 

si los blancos sabian,

si los immigrantes podian.

 

pequena historia increible:

Mario esta de viaje en Montreal

por poco tiempo.

vive ahora en Nueva York

desde hace quatro anos

y no sabe très palabras de inglés.

dice que no es necesario

para vivir en Brooklyn, Nueva York.

 

se fue de Colombia

porque es un intelectual

y no se puede vivir allá

en un pais donde la direcciôn se llama:

dictatura.

 

 

© Marcel Blouin

 

pour rester en vie,

avec l'aide d'un ami psy,

Mario s'est réfugié dans un hôpital

psychiatrique de Bogota

sans jamais pouvoir en sortir

pendant six mois.

 

à mesure que la peur

de devenir fou grandissait,

Mario préparait son exil,

bien malgré lui.

 

il vit maintenant à New York,

pense s'établir à Montréal,

et aimerait retourner dans son pays d'origine.

 

ah oui, la Colombie,

c'est un beau pays,

les plages sont belles à en mourir.

ah oui, Haïti,

c'est un beau pays ... vive lame.

ah oui...

ah oui ...

 

pour votre prochaine destination voyage,

contactez Somosa, Baptista,

Bébé Doc, Marcos, Pinochet...

ils sauront vous guider.

 

 

© Marcel Blouin

 

si los blancos sabian,

si los immigrantes podian.

 

Félix et Lévesque ne sont plus,

so welcome in Canada

and speak white or die.

 

 

taritam, bourn, bourn, tarn, tarn,

avec Paolo Conte,

Johnny Clegg, Gipsy Kings,

Nascimento

et le baisage multilangue,

Montréal s'ouvre au multiculturalisme,

d'abord la fin de semaine.

 

baiser avec plus noir que soi,

se marier avec plus blanc que soi,

à bas le mariage,

vive le multiculturalisme.

 

 

© Marcel Blouin

 

bienvenue aux femmes blanches,

statues de la liberté,

et donne du rhum à ton homme,

un monde nocturne ouvert jusqu'à 3h00.

 

welcome in Canada

los immigrantes

son los habitantes de la tierra

but don't forget.

choose the right language,

speak white or die.

 

feeling hot, hot, hot.

debemos combatir el racism

entonces,

hacemos el amor,

no importa el color,

but don't forget,

speak white or die.

feeling hot, hot, hot.

 

los immigrantes

son los habitantes de la tierra.

 

l'Italie,

bottine de mon enfance,

que j'ai dû quitter.

la mancanza di lavoro

ha obbligato una parte

degli abitanti ad emigrare

verso il nord o ad espatriare,

verso IAmerica.

sono italiano puro

mais jamais je ne retournerai

vivre en Italie.

they just kicked me out,

there was no work in the South of Italia.

 

welcome in Canada,

but don't forget,

speak white or die.

 

après avoir construit

des maisons toute ma vie,

j'ai maintenant la mienne

accanto alla chiesa

je ne suis plus un wops,

a without official papers,

ho tutto:

maison, famille, jardin

e un lavoro.

 

sono canadese nella mia testa,

ma italiano nel mio cuore,

sopratutto durante il mondial.

los immigrantes

son los habitantes de la tierra,

so welcome in Canada,

but don't forget,

speak white or die.

 

Marcello Bluini

 

Ce texte est reproduit avec la permission de l'auteur. © Marcel Blouin

 

 

© Marcel Blouin


Marcel Blouin · CV6 · Thursday, 01 December 1988 00:00
http://www.cielvariablearchives.org/en/los-immigrantes-marcello-bluini.html
 
 
 
 
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