Flesh : Prologue au passionnaire

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Par Mistral

Pour Jo.

T'as dit je pense que chtème

Chte trouve beau chte trouve là

Ça tombe bien dis-je

 

Moi aussi comme par hasard Chpense que chtème en fou fragile

Que je t'aime à la perte d'esprit

Que j'ai la sanglante soif de ton âme comme l'âme d'un revolver

Qui brûle un rond dans tes jupons

 

Photo n&b: un homme et une femme enlacés sur une pelouse

 

© Jean-François Leblanc

 

Ma passion porte un nom de fille

Des jupes et des pulls de grosse laine

Qui sentent la bergère sous la pluie

Les étoiles giguent une danse jaune

La lune est pleine et molle toujours

Mes crocs au clair chantent

Un air de loup famélique épuisé d'appétit

La palpitance blanche du mâle-garou

Bâtissant un cyclone mauve dur

Un soupir d'animal étranglé

Elle tient à la main ma vie raide

Flipper d'un trait jusqu'au soleil

Ces délices pénétrants de sa peau

Sa peau pâle à mort armée

La longue veille remuante

Les murs se défont dans la gloire de minutes

plus vastes que les contes et les planètes d'eau

Nous perpétrons le nécessaire

entortillés dans un furieux brasier de mousse

Nous implosons en morceaux d'atlantes

et nos fragments rougis se distribuent

comme un sable saignant aux étages du besoin

et silencieux se déposent

J'aspire son suc je fais son tour souvent

Très lent comme un cœur assoupi glisseur

Elle est un lieu d'huile et d'odeurs arrachées

Qui s'abolissent aux herbes crues de mon ventre

Un point de chute intraveineuse

Décalqué au milieu du matelas.

 

Photo n&b: composition semi-abstraite

 

L'être chair.
© Danielle Hébert

 

Obsessive inclination

Vers nos viandes blessées

Nos fantômes s'invitent à la roue incendiée

Beauté barbare ta bouche

Métabolise des mirages glaciaux

Des visions vierges et des orgasmes ascenseurs

Et des matières astrales qui sucrent ton haleine

Je dégringole jusqu'à la faille lisse

Nos chairs se scellent sourdes

Les brouillards montent sur le lit des douces violences

Tes seins nappés de buée tiède

Caressent le souffle vif entre mes joues

Les cloisons cèdent toutes

En un fracas mental mutant

Tu plonges et je torpille et je dévaste tes r.. ns

Tu éjacules des galaxies sonores

Un opéra hurlé du gouffre de glaise

Ta joie proximale et lointaine

Feutrée sauvage piégeant ma joie

Tu déchires mon poitrail mouvant

Ton fauve amer fendu me trait sans me tarir

Tu t'arques bleue en te plaignant

Vais-je venir à l'orage et dormir

Du terrible sommeil des amants dégrisés

J'ai un plasma cristallisé entre les cuisses

Étonnons indignons renonçons jetons-nous à genoux

Disons qu'il n'aurait pas fallu

Disons qu'il faudra bien encore

S entremanger d'amour livide

S'entregémir des rumeurs noires

Je t'aime et je t'aime encore plus que ça.

 

 

Ce texte est reproduit avec la permission de l'auteur. © Mistral


Mistral · CV7 · Mercredi, 01 Mars 1989 00:00
http://cielvariablearchives.org/fr/flesh--prologue-au-passionnaire-christian-mistral.html
 
 
 
 
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