CIEL VARIABLE 47 - L'affection
ÉDITORIAL - Images vives
Par Jennifer Couëlle
Elle sert tantôt l’amitié, tantôt l’amour. Elle est synonyme de tendresse comme de désir. Elle traduit la bienveillance et peut conduire à la passion, mais subsiste aussi dans le simple plaisir. Car l’affection marque avant tout un intérêt. Pour une personne, un lieu, un climat, un phénomène et, pourquoi pas, un objet.
POINT DE VUE - Loin des yeux, on a besoin de lunettes ou d’une photo dans son porte-monnaie
L’affection c’est facile. C’est donné-donné. Si c’est forcé c’est raté. Et rater un moment de tendresse c’est pire que de rater un gâteau.
Carl Bouchard
Dans le vocabulaire psychologique, l’affection désigne tout état de la sensibilité, toute condition psychique accompagnée de plaisir et de déplaisir. Du point de vue affectif, la sensibilité est cette faculté de sentir, éprouver des sensations, des sentiments, des émotions et des passions.
Petits écarts affectueux
« La frustration aurait pour figure la Présence (je vois chaque jour l’autre, et pourtant je n’en suis pas comblé : l’objet est là, réellement, mais il continue à me manquer, imaginairement)... L’absence est la figure de la privation; tout à la fois, je désire et j’ai besoin. Le désir s’écrase sur le besoin : c’est là le fait obsédant du sentiment amoureux. »
Roland Barthes1
Une nouvelle mythologie familiale
La famille, comme chacun sait, est en crise. Comme une entreprise qui s’essouffle, elle a besoin d’images pour exalter sa spécificité. Or, indiscutablement, c’est l’affection qui est la trame de la vie familiale, une trame dont la caractéristique est de couvrir plusieurs générations.

